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Cafés Histoire

Sunnisme et chiisme, entre histoire politique et histoire sacrale



  • Date : mardi 19 mai 2015
  • Horaires : de 20:00 à 21:30
  • Lieu :

    Bistrot Saint-Antoine

    58 rue du Faubourg-Saint-Antoine 75012 Paris.
    - Métro : Stations Bastille (lignes 1, 5, 8) et Ledru-Rollin (ligne 8)
    - Bus : Lignes 76 et 86, arrêt « La boule blanche »

Un Café Histoire organisé en partenariat avec l’Institut Européen en Sciences des Religions (IESR-EPHE)

Entrée 5 € boisson comprise (sauf alcools forts)


Le courant « sunnite » s’est formé progressivement entre le 8e et le 10e siècle. Aux questions cruciales : « Qui a le droit d’interpréter le Coran, et comment doit-on procéder pour comprendre le texte sacré ? », le sunnisme s’est constitué par réaction, par le refus historique de positions plus anciennes ; et notamment du chiisme.

Pour les chiites, Dieu a confié la guidance de la communauté musulmane à des personnes inspirées, infaillibles, prolongeant l’enseignement autoritatif du prophète Muhammad : les Imams. Si tout croyant est bien sûr invité à méditer le texte sacré, la compréhension juste des versets coraniques revient néanmoins aux seuls Imams. En tant qu’ils sont dépositaires de la vérité céleste sur terre, on peut même dire qu’ils sont eux-mêmes le thème principal dont parle le Coran. Les futurs « sunnites » ont réagi vivement à cette position. Ils refusaient l’autorité charismatique des Imams chiites pour des raisons multiples.

Politiquement, le chiisme affirmait que seuls les Imâms pouvaient légitimement diriger la communauté : ce qui constituait une remise en cause de l’autorité des califes omeyyades, puis abbassides, considérés comme des usurpateurs. De plus, la majorité des musulmans à cette époque (8e / 9e siècles) ne pensaient pas que le Prophète avait nommé un successeur en la personne de ‘Alî et des autres Imâms. Ils estimaient que la communauté dans son ensemble était en charge de l’élaboration de la vérité, non un petit nombre d’hommes inspirés.

Ceci acquis, il fallait quand même interpréter, trancher dans des questions concrètes, notamment dans le domaine de la jurisprudence. Comme se guider de façon sûre, non arbitraire, conforme à la volonté divine ? Historiquement, le sunnisme développa l’idée qu’il faut se rattacher à l’exemple et à l’enseignement du seul homme qui n’était pas pécheur et faillible comme les autres, à savoir Muhammad. La vénération envers le prophète Muhammad se développa au point d’aboutir à ce qui devint le dogme central du sunnisme : à savoir que Muhammad seul était infaillible en matière religieuse. Tout ce qu’il avait enseigné à ses fidèles en matière de religion et de mœurs est donc vrai, garanti par Dieu contre l’erreur. Le prophète était dotée d’une science universelle, voire cosmique. Les sunnites conçurent toutes les paroles et les comportements de Muhammad comme des commentaires vécus de la révélation coranique.

L’attitude générale et les prescriptions qui dérivent de ces paroles sont appelées sunna. D’où l’appellation « sunnites » qui leur est restée. A partir de ces prises de position, un antagonisme se développa entre les deux courants. L’exposé tâchera d’en situer le déroulement historique et les positions à l’époque plus récente.
P. Lory

L’intervenant
Pierre LORY, islamologue, spécialiste de la mystique et de l’ésotérisme en Islam, est Directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Etudes (EPHE). Il a été Directeur du département Études arabes, médiévales et modernes à l’Institut Français du Proche-Orient (IFPO) et effectue chaque année des voyages scientifiques au Moyen Orient et en Afrique du Nord.

Un Café Histoire organisé en partenariat avec l’Institut Européen en Sciences des Religions (IESR-EPHE)

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