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Cafés Histoire

Les droites en France. Histoire et identités



  • Date : mardi 24 avril 2007
  • Horaires : de 19:30 à 21:00
  • Lieu :

    L’absynthe Café

    54 rue de Turbigo 75003 Paris

  • Intervenant : Xavier Jardin est spécialiste de l’étude des partis politiques de droite tant en France qu’au plan européen. Chargé de conférence en science politique à Sciences Po-Paris et au CIDEF-UCO d’Angers (Centre International d’Études Françaises - Université Catholique de l’Ouest), ses cours portent sur la vie politique en France et en Europe.



  • Présentation :
    A l’origine, la “droite” française - du moins le groupe d’individus qui allait siéger à la droite du président de l’Assemblée constituante en août 1789 - pouvait clairement être identifiée : monarchiste, conservatrice, réactionnaire, catholique, anti-républicaine, réclamant le retour à l’Ordre et le maintien des privilèges pour une minorité de la population. Ce groupe s’opposait à toute idée de changement politique ou sociétal, à toute idée de modernité, de mouvement et de libertés. Cependant, en quelques années, cette “droite” allait se scinder en deux, entre “ultras” (ou “légitimistes”), fervents défenseurs d’une monarchie absolue, et “libéraux” (ou “orléanistes”), défenseurs d’une monarchie parlementaire à l’anglaise et de certaines libertés. Mais la droite républicaine n’était pas encore née...
    Il fallut attendre la fin du XIXème siècle pour que des mouvements que nous qualifierions aujourd’hui de “droite républicaine” adhèrent - timidement - à la République et en défendent les principes. Ils s’identifient toujours aux valeurs conservatrices dans les domaines social et politique et revendiquent une société “d’ordre”.
    Les dérives nationalistes, ultra-catholiques et fascisantes des années 1930-1940 ont, jusque dans les années 1970, gravement handicapé les mouvements de droite qui n’osaient se revendiquer clairement de cette famille. Le mot était d’ailleurs assez assez peu employé par les politiciens eux-mêmes avant cette période, refusant ainsi de se définir comme le “parti des perdants” (face aux partis de gauche, héritiers de la révolution et de la République). Avec la victoire des gauches en 1981 les partis opposés allaient progressivement s’affirmer de droite, et assumer cette identité.
    Aujourd’hui, cette famille politique compte plus d’une douzaine de mouvements et partis, allant de “l’extrême-droite” (ou droite nationale) au “centre-droit”. On compte même depuis peu des mouvements écologistes qualifiés “de droite” (généralement par leurs opposants, écologistes “de gauche”...). La majorité de ces partis a adopté la République et, plus encore, tout en revendiquant toujours une identité reposant sur l’ordre, la droite a fait siennes (voire récupéré) des idées et valeurs jadis révolutionnaires, dites “de gauche”. C’est ainsi que, depuis 1995, la droite revendique des idées de “progrès social”, de “mouvement” et de “modernité sociale”. En 2007, à l’heure d’élections importantes, peut-on parler d’une “famille” de droite ? Quelle est son identité ? Existe-t-il encore un clivage droites/gauches en France ?